[LindsayDole]  (Cadavre exquis [Avril 2008]) posté le dimanche 01 juin 2008 12:24

Alors qu'ils décidèrent de fouiller pour tenter de retrouver l'entrée du tunnel, que Jules avait consciencieusement rebouchée, pour éventuellement y trouver une salle dérobée où auraient pu être cachés les corps de leurs amis... Une voix étrangement et horriblement familière se fit entendre derrière eux. D'un ton sarcastique, elle dit simplement :

"- A qui le tour ?"

Les trois jeunes gens se retournèrent.
La surprise fut telle que leur cri resta coincé au fond de leur gorge.
- Kevin ? Mais qu'est-ce que... parvint à balbutier Kenneth.

Kevin les regardait d'un air sombre et implacable.
D'un air de celui qui était prêt à tout. Qui n'avait plus rien à perdre.
Dans sa main, il tenait un revolver à six coups.
- A toi peut-être, Kenneth, qui après avoir séduit ma soeur l'a si ignoblement trompée avec ma petite amie... Tu n'avais pas oublié que Laila était ma petite amie à l'époque ?
Kenneth fronça les sourcils, faisant mine d'ignorer ce dont il parlait.
- Toujours aussi doué pour échapper à tes responsabilités, Kenneth, jugea Kevin en haussant les épaules. A toi, Ash ? Toi qui as su si bien enterrer l'affaire d'Octavia pour surtout ne pas avoir à avouer que tu avais bâclé le dossier... Ma soeur, ma soeur Octavia, dont tu as traité le dossier comme celui d'un vulgaire chien écrasé... A toi, Dana ? Toi qui aveuglée par ton amour pour Ash, et arrête de faire cette tête, comme si tu dupais qui que ce soit ici, toi qui aveuglée par ton amour pour Ash a défendu sa cause quand la police a tenté de rouvrir le dossier d'Octavia.
Kevin passait entre les trois et pointait tour à tour l'arme sur leur tempe. Chatouillant sadiquement la gâchette lorsque le canon effleurait leur peau.

- Continuez à m'appeler Kevin, ricana alors leur ancien ami qui paraissait soudain avoir totalement perdu la raison. Kevin, pauvre Kevin...
Une expression de surprise et d'incompréhension se lut soudain sur tous les visages.
- Que veux-tu dire, Kevin ? osa Dana, je ne comprends pas, pourquoi parles-tu de toi à la troisième personne.

Kevin abaissa soudain son arme.
- Parce que je ne suis pas Kevin.

La révélation fit l'effet d'une bombe dans le petit groupe.
- Que veux-tu dire? Qui es-tu alors ? demanda Ash, totalement perdu.
- Je suis Octavia.

Plus un mot, plus une seule expression ne pouvait se déchiffer sur le visage des trois jeunes gens. La scène devenait si surréaliste qu'ils en devinrent muets de stupeur.

- Cela faisait longtemps en fait que je ne savais pas trop où me situer. Je savais que je n'étais pas née dans le bon corps, au bon endroit, au bon moment. Pourtant, notre éducation familiale a fait que je me suis voilée la face durant de nombreuses années et que j'ai tenté un temps de mener une vie de femme, pour tenter de me persuader que j'étais normale. Mais lorsque j'ai retrouvé Kenneth dans les bras de Laila, j'ai compris que jamais je ne serais comme les autres et j'ai soudain cessé de refouler ce que j'étais. Kevin n'a pas supporté la trahison de Laila. Il a choisi de se suicider. Une nuit. Chez lui. Seul. En avalant une surdose de barbituriques. C'est moi qui ait retrouvé son corps. Et c'est alors que j'ai imaginé suodain l'impensable...

Autour d'Octavia les respirations avaient cessées. Il n'y avait plus que le vent qui par moment balayait leur cheveux et qui mettaient un peu d'animation dans leurs corps satufiés.

- J'ai alors fait disapraître le corps de mon frère, et je l'ai enterré ici, dans l'auberge de mon père, que Jules venait de reprendre. J'ai fait graver cette pierre tombale à mon nom, et je suis partie. Pour cette opération. l'aubaine était trop belle. J'ai alors pris la place de mon frère, et je vous ai laissé croire, tous que c'était moi qui m'étais suicidée. et je suis restée près de vous, sans rien dire. A jouer le rôle de votre amie, à jouer le rôle de Kevin, et j'ai vu alors votre hypocrisie. A quel point la mort d'Octavia vous avait tous arragé. A quel point vous avez méprisé l'individu que j'étais. Et j'ai préparé cette vengeance. Pendant des mois. A tout planifier, dans les moindres détails... Cette lettre que vous deviez recevoir... Ce rendez-vous dans cette auberge... L'existence de mon second frère Jules que je vous ai cachée... Tout était préparé. Et aujourd'hui, ce soir, il est enfin temps. Vous allez payer ce que vous m'avez fait. Vous allez payer l'indifférence que je vous ai inspiré... La froideur avec laquelle vous m'avez traitée.

Octavia s'arrêta un instant, essoufflée par le flot de paroles qu'elle venait de prononcer.
Dans un mouvement presque ralenti, elle releva l'arme en direction des trois jeunes gens. et avec une friodeur terrifiante tira les six coups que contenait son revolver.

Jules surgit alors, alerté par le bruit, et accourut vers la zone où le drame venait de se dérouler. Naomi et Jeanne sur ses talons. il s'arrêta net devant la scène macabre qu'il avait sous les yeux. Les trois jeunes gens, étendus dans une mare de sang, Octavia leur faisant front, glaciale et roide.
- Octavia ! qu'es-tu fait ? s'écria-t-il, tu m'avais dit que tu voulais juste t'expliquer avec eux! Encore que tu aies toujours de la rancoeur contre Laila, je pouvais le comprendre, mais eux...
- Il était trop tard pour qu'ils entendent quoi que ce soit. Ils ont payé leur froideur. Et dorénavant ce sont leurs corps qui seront froids.

Jules eut alors une expression étrange sur le visage.
- Tu es dénuée de coeur octavia. Tu as d'abord fait disparaître notre frère et maintenant tu es capable d'une telle horreur avec une telle certitude... Tu me fais peur.

Octavia se tourna et sourit, comme apaisée.
-Tu ne comprends rien, Jules, tu n'as jamais rien compris.
Mais elle n'eut pas le temps d'en dire plus.
Jeanne avait elle aussi sorti une arme de son tablier. Jeanne, l'innocente poupée de cire, la fragile Jeanne, celle que l'on pensait prête à se briser sous le poids du vent ou de la pluie, Jeanne sortit une arme et abattit d'un coup d'un seul Octavia et Naomi.
Elle se tourna alors vers Jules.
- J'aurais dû le faire depuis longtemps.
- Tu as bien fait, répondit-il en déposant le glock 17 qu'il avait également enfoui dans une de ses poches, si tu ne l'avais pas fait, ça aurait été moi.

Ils s'éloignèrent alors de l'auberge et grimpèrent dans la camionnette de Jules. Laissant derrière eux le poids d'un passé qui leur était déjà étranger.


FIN

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