La malédiction du Manoir By Koelia [2]  (Concours de Nouvelles [juillet / août 2008]) posté le mercredi 03 septembre 2008 18:42

Les deux premières semaines de vacances d’Emilie se déroulèrent à toute allure avec toutes les démarches administratives à accomplir et son emménagement définitif. Marc était revenu la voir le soir-même pour l’inviter à dîner et elle avait accepté. Ils se voyaient presque tous les jours et Emilie avait l’impression de flotter sur un petit nuage.
 Pourtant, dès qu’elle s’installait tranquillement dans sa chambre le soir, un étrange phénomène la poussait à ouvrir le coffret du pendentif et dès qu’elle l’effleurait, il se réchauffait, et la voix lointaine se faisait entendre. Son esprit cartésien se révoltait contre cette idée, mais elle décida de faire des recherches sur la famille de Marcigny. Le fantôme, si fantôme il y avait, était sans doute issu d’une vieille histoire et pour lui rendre la paix, il fallait résoudre son problème!
 Elle commença par fouiller le vieux bureau de son aïeul, qui ne recelait que des documents administratifs récents, puis le grenier où au milieu de vieux cartons de vêtements qui feraient le bonheur d’enfant à carnaval, elle découvrit un grand carton barré d’une inscription: Blanche. Le cœur battant, elle arracha le ruban adhésif et feuilleta les premiers dossiers, médicaux, qui témoignaient de la démence qui s’était emparé de sa grand-mère. Elle les rejeta de côté. Puis, des dossiers notés généalogie, archives…
 Apparemment sa grand-mère avait eu la même idée qu’elle et tout le travail de recherche avait été fait. Toute la généalogie de la famille Marcigny était établie jusqu’en 1258, date à laquelle leur valeureux ancêtre avait gagné sa baronnie. Il y avait de nombreux commentaires ajoutés par Blanche dans la marge, lorsqu’elle avait trouvé des détails plus précis. Les premiers cas de folie recensés dataient du quartorzième siècle.
[img]http://img210.imageshack.us/img210/1986/nouvelle8copiekq5.jpg[/img]
 Emilie trouva aussi le journal de sa grand-mère, atterrée par les inepties écrites à la fin, elle constata qu’elle avait vraiment fini par perdre la raison. Mais en remontant le temps, elle découvrit les derniers moments de lucidité. Blanche y expliquait qu’elle avait découvert des archives secrètes dans une cache du bureau du manoir, dans laquelle se trouvaient de très anciens manuscrits en latin. Malheureusement, elle ne pouvait pas les traduire et les y avait laissé en attendant de trouver quelqu’un capable de le faire. La maladie lui avait fait oublié jusqu’à leur existence.

***

«Emmy? Emmy! Qu’est-ce que tu fiches bon sang?»

 

 

La jeune femme leva la tête de sa lecture et sursauta en regardant l’heure: elle avait passé la journée à compulser ces notes et avait complètement oublié son rendez-vous chez Marc. Il était onze heure du soir… La colère du jeune homme retomba en voyant son air exténué.
«Emilie? Tu es souffrante? Je vais appeler…
- Non! coupa-t-elle. Je vais bien…
- Tu n’en as pas l’air! Et notre rendez-vous?»
 Se sentant coupable, Emilie nota la tenue particulièrement soignée de son ami et baissa les yeux vers son affreux jogging.
«Je suis navrée, Marc… J’ai voulu faire des recherches sur ma famille…
- Et tu es tombée sur des documents tellement passionnants que tu n’as pas pu les lâcher? Je connais ça! termina-t-il rassuré. Raconte-moi tout!
 La jeune femme s’assit face à lui et lui fit un résumé.
«Selon Blanche, le premier cas de folie était celui d’Hersande en 1378. Mais il lui manquait les détails de son histoire.
- Ses recherches étaient très poussées pour une autodidacte… commenta Marc. Je serais curieux de voir ces manuscrits!»
 Les documents découverts par Blanche de Marcigny n’avaient pas bougé depuis quarante ans et Marc laissa échapper un soupir de bonheur en les découvrant.
«Il s’agit des chroniques du domaine jusqu’en 1459. Tout ceci est fascinant, Emilie… Mais je ne peux pas y toucher davantage sans les détériorer. Il faut confier ces archives à des spécialistes! J’en connais un à Paris… Je les envoie demain à la première heure, si tu m’y autorises!
- Évidemment!»


***

Pendant trois mois, la jeune femme attendit sans rien oser demander et un soir, Marc l’attendait chez elle: souper aux chandelles, champagne et…
«Voilà, Emilie: j’ai reçu les manuscrits restaurés, et je les ai traduits…»

 

 

La jeune femme se jeta dans ses bras et l’embrassa passionnément.
«Dis-moi! As-tu trouvé quelque chose concernant cette malédiction?
- Quelle impatience, quel feu! Et bien, ma petite chérie, apprend qu’au milieu d’ennuyeuses archives concernant les impôts, les récoltes, les serfs et les guerres, j’ai découvert un miracle…
- Allez ! Ne me fais pas languir !
- Mathilde, la fille d’Hersande de Marcigny a fait une confession tellement lourde à un vieux moine qu’il n’a pas pu la garder pour lui… Il l’a glissée dans les archives du domaine, laissant à Dieu le soin de décider si elle serait ou non découverte. En résumé, le fond du problème est une histoire d’amour qui a mal fini. Hersande de Marcigny, mariée contre son gré à quinze ans est tombée amoureuse de Thibaut d’Ambry, troubadour célèbre. Ils ont été surpris par le baron de Marcigny, qui n’a pas vraiment apprécié de se voir cocufié. Il leur a concocté un terrible châtiment: ils sont morts emmurés l’un à côté de l’autre dans une grotte du mont Artis. Et pour convaincre sa fille que l’adultère n’était pas une voie conseillée pour une jeune femme, il l’a faite assister à cette ignominie.
- Quelle horreur!
- Elle a d’ailleurs donné au moine une carte détaillée du lieu de ce crime. Mathilde était persuadée que l’esprit du troubadour voulait rejoindre sa bien aimée. Cela la rendue folle.
- Donc, pour rompre la malédiction, il faudrait retrouver leurs corps et leur donner une sépulture religieuse et commune… murmura Emmy.
- Ne me dis pas que…
-Si, mon médiéviste à moi… Puisque nous avons une carte et qu’il me reste une semaine de congés à prendre… Nous donnerons le repos à l’âme du troubadour.»
 Quelques mois plus tard, une cérémonie religieuse était prononcée en la mémoire d’un couple vieux de sept cents ans. Lorsque le double tombeau fut refermé, une voix à peine audible souffla à l’oreille de Marc et d’Emilie.
«Merci…»
«C’était quoi? sursauta l’historien.
- Les derniers mots d’un fantôme qui va retrouver la paix…» répondit Emmy.
- Laissons le passé tranquille désormais, et si nous parlions de notre avenir commun?»

 

 

******

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La fin du Voyage By Muur  (Concours de Nouvelles [juillet / août 2008]) posté le mercredi 03 septembre 2008 18:42

Encore deux heures et je serai enfin en vacances pensais je tout en posant ma tasse de café brûlant au bord de la fenêtre.

 

A six ans, ma fille n'avait encore jamais vu la mer et je me faisais une joie de la voir courir dans le sable et sauter entre les vagues. Il y a deux semaines encore, j'imaginais passer mon mois de congés entre mes quatre murs et le petit square au bout de ma rue désertée en ce mois d'été. En traversant le couloir j'eus une petite pensée pour ma patiente grâce à qui je pourrai profiter de la plage cette année. Elle se plaignait de ne plus jamais voir sa fille retenue chez elle par son devoir de marraine envers une filleule de 19 ans dépressive...«Bientôt trois ans, un terrible accident...la pauvre petite a tout perdu, et elle replonge dans la dépression. Ma fille aimerait venir, mais la petite refuse de l‘accompagner.On ne peut pas la laisser trop longtemps seule... Vous ai-je dit qu'elle avait déjà tenté de se suicider?...» Non je l'ignorais. Quand ma patiente eût sa fille au téléphone, elle voulut que j'essaye de la convaincre de venir, mais ce fut  elle qui me convainquit de passer mes vacances dans sa villa. En échange, je garderai un œil protecteur sur sa nièce préférée. J'acceptais et ma réticence première s'était transformée en enthousiasme grandissant à l‘approche du voyage. 
 Je pus finalement aborder l’autoroute vers vingt heures. Je dus supporter deux longues heures immobilisée alors que la nuit tombait. Je n'échappais pas non plus aux classiques «on est bientôt arrivé», «je veux faire pipi» «je m'ennuie» d'une petite fille peu habituée aux trajets de durée supérieure à une demi-heure. Je quittai enfin l'autoroute pour une petite route inèclairèe, étroite caillouteuse, et sinueuse. Enfin, j'aperçus au loin la villa dans laquelle je logerai. Lui faisant face, se dressait une grande maison l’air inhabitée, et le pavillon de Manon.

 

Trop occupée à observer ce hameau, trop fatiguée pour être aux aguets, je ne remarquai pas que la route se courbait. Je ne sentais pas non plus ma voiture se désengager du chemin tracé. Subitement, j'eus l'impression d’être suspendue dans le vide. Une impression qui ne dura que quelques millisecondes pendant lesquelles j'eus quand même le temps d'avoir une pensée pour ma chère petite à qui j'abrégeai injustement l’existence par ma négligence. Puis ce fut le néant, je sombrai dans l‘inconscience.

 

Lentement je revins à moi, je perçus le doux contact d'un drap propre sur ma joue, j'entendis murmurer, j'ouvris les yeux et je le vis.

 

 

C'était un visage d'homme, les traits réguliers, les cheveux sombres  et les yeux bleus foncés. Il me souriait  Je parvins à pronnoncer quelques mots malgré mes cordes vocales endolories.
«-Où suis-je?»
L'homme continua de sourire mais son regard s'assombrit encore un peu.
-Vous avez eu un accident finit-il par me dire
 Puis tout me revint, la nuit, la fatigue, le vide... l'accident...Angéla!
«-Angéla!» Criai-je d'un seul coup tout à fait éveillée, ne ressentant plus la douleur, mais uniquement la peur, la peur d'avoir perdu le plus précieux trésor que ma vie désordonnée m‘avait donné, la peur d'être vivante alors qu'elle ne l'était plus.  Une porte s'ouvrit au fond de la pièce et ma fille apparut.
«-Tout va bien, je n'ai rien. Me dit-elle simplement sans deviner le soulagement que ses paroles pouvaient procurer à une mère èpleurée. Elle s'avança je la serrai dans mes bras, alors que l'inconnu me regardait. Son sourire qui m'avait d’abord réconforté me semblait bien  impertinent maintenant.
«-Vous n'avez pas appelé les urgences? Un médecin? Demandai-je d'un ton accusateur
-C’était inutile me dit-il, je suis médecin
-Et moi infirmière répondis-je furieusement, et  je sais que lors d'un accident même un  médecin doit envoyer les accidentés à l'hôpital. Nous avons peut-être des blessures internes nécessitant un scanner.
-Vous n'avez rien reprit-il tout aussi calmement, votre voiture n'est même pas abîmée.»
J’étais étonnée  qu'un accident qui m'avait paru si important  puisse faire si peu de dommages.
«-Vous avez l'air fatigué me dit le médecin de campagne, je vais vous conduire chez vous.
-Où sommes nous ? Demandai-je
-je suis le voisin des Gerty, Manon m'a dit que vous arriveriez pour veiller sur elle.
-Effectivement, mais je croyais cette maison inhabitée lui répondis-je effrayée.
-Nous venons d'emménager me dit-il le regard gêné.»
Trop lasse pour argumenter, je me laissai guider vers la villa où je m'endormis d’un sommeil profond jusqu’au lendemain matin.
Lorsque je descendis dans la cuisine, je vis une jeune fille assise qui regardait par la fenêtre. Elle se retourna m’entendant arriver.    

 

 

«-Je suis Manon me dit-elle. Je suppose que vous êtes l'infirmière venue me fliquer?
-Bonjour Manon lui répondis-je sans me laisser déstabilisée par ce regard mauvais. Je m'appelle Elise et je vous présenterai ma petite Angèla quand elle se réveillera. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas ici pour vous surveiller, mais juste pour vous tenir compagnie et vous aider si vous voulez.
-Bien, répondit une Manon un peu plus détendu. Vous allez pouvoir passer des vacances tranquilles car je n'ai besoin de rien. Mais je préférais vous prévenir tout de suite, pour qu'il n'y ai pas de malentendu. Voulez vous du café?”
 J'acceptai, et je lui proposai de faire les courses après le petit déjeuner.
-Les placards et le frigo sont pleins me répondit-elle simplement. Ma marraine m'a dit que vous pouviez vous servir. Allez plutôt profiter de la plage ensoleillée.»
Je suivis ses conseils, et passai la matinée sur le sable avec Angéla ravie. Manon nous rejoignit  puis  nous déjeunâmes sur la terrasse en face de la plage. En jetant un regard vers la maison d'en face, j'interrogeai Manon sur ses voisins. Son visage passa par toute les stades, du rouge écarlate à une pâleur mortelle. Retrouvant sa couleur naturelle,  elle me répondit calmement:
«-Ils viennent d'emménager, il y a …juste quelques jours. Je leur loue la maison... C'était des amis de mon frère» sa voix s'attrista en prononçant ce dernier mot.
Ses paroles m'intriguèrent, j'avais l'impression qu'elle inventait quelque chose pour que je ne puisse pas connaître la véritable raison de la présence de ses voisins.
«-Mon frère et mon neveu sont morts il y a trois ans…à cause de moi. Je devais le surveiller, mais je ne l’ai pas fait…Il s’ennuyait et il a décroché le fusil, il voulait s’amuser, il ne savait pas qu’il était chargé…il s’est tué…Mon frère n’a pas supporté et s’est suicidé quand il est arrivé…»
Perdue dans ses souvenirs, elle resta silencieuse un moment.
 «-Les voilà reprit-elle en  désignant du doigt mon docteur injustement accusé de squatter accompagné d'un petit garçon l'air à peine plus âgé que ma fille. Je vais vous les présenter.
-Nous avons déjà fait connaissance répondis-je avec un léger sourire. Mon arrivée était un peu chaotique hier soir. Par contre je n'ai pas rencontré le petit garçon. C'est son fils?
-Oui et c'est mon neu... commença elle en souriant, avant de rougir et de reprendre d'un ton confus:
-je voulais dire qu'il est comme mon petit frère, enfin pas encore mais bientôt car j'adore m'en occuper.»
En voyant le regard complice entre Manon et son voisin, j'eus soudain l‘impression d‘abuser, car je profitais de vacances gratuites pour tenir compagnie à une jeune fille seule et déprimée. Mais  Manon paraissait épanouie et bien entourée.  Je m'excusai alors de mon comportement de la veille. Mon voisin s'appelait Raphaël, son fils Angelo, et il était ravi de me revoir.
"-Sa mère était italienne m'expliqua-il en parlant d'Angelo. Elle nous a quitté il y a trois ans. "
Encore trois ans... comme l’accident…Pour détendre l’atmosphère je répondis en souriant:
"-C’est amusant, Ma fille s'appelle Angèla, j’ignore si je vous l'ai dit hier, j'étais trop perturbée."
 Nous expliquâmes à Manon l’accident de la veille tandis que les enfants faisaient connaissance. Vers quinze heures, Manon nous quitta pour se reposer chez elle.
 Les enfants commencèrent à s’amuser dans le sable mouillé tandis que Raphaël et moi nous retrouvâmes seuls, côte à côte sur le sable asséché.

 

Nous nous découvrîmes beaucoup de points communs. Nous aimions la littérature et le calme. Il était médecin, j'étais infirmière. Tous les deux avions traversé des périodes de vie difficiles. Il était veuf, père d'un petit Angelo, j'étais divorcée, mère  d'une petite Angéla. Le soir, nous dînâmes tous ensembles à la lueur de bougies. J'eus soudain un cruel besoin de prendre le volant. Il était tard et partir à cette heure était insensé, indigne d'une mère exemplaire. Toutefois, j'installai ma fille et nous partîmes. J'eus l'impression de tourner en rond pendant des heures, sans vouloir m'arrêter, sans pouvoir m'arrêter. Je ne croisai durant ce trajet ni village, ni habitions ni véhicules, ni passant. Et, alors que je me croyais perdue, j'aperçus trois maisons. Soulagée au début, je me rendis compte ensuite qu’il s'agissait de notre villa. Je me sentais épuisée, énervée, déboussolée.

 

Trop occupée à observer ce hameau, trop fatiguée pour être aux aguets, je ne remarquai pas que la route se courbait. Je ne sentais pas non plus ma voiture se désengager du chemin tracé. Subitement, j'eus l'impression d’être suspendue dans le vide. Une impression qui ne dura que quelques millisecondes pendant lesquelles j'eus quand même le temps d'avoir une pensée pour ma chère petite à qui j'abrégeai injustement l’existence par ma négligence. Puis ce fut le néant, je sombrai dans l‘inconscience. Lentement je revins à moi, je perçus le doux contact d'un drap propre sur ma joue, j'entendis murmurer, j'ouvris les yeux et je le vis.

Je reconnus Raphaël cette fois et lui demandai avant tout des nouvelles de ma fille. “-Elle va bien, viens” murmura-il en me prenant la main
Je me levai ensuite sans difficulté et le suivis dans le couloir jusqu’à une porte décorée d'un écriteau Angelo.

 

Il l’ouvrit et je vis nos deux petits anges profondément endormis. Raphaël avait installé un lit pour ma fille. Nous sortîmes de la chambre, et il m'emmena sur le balcon. Il me demanda de l'attendre quelques instants, puis revint une bouteille de champagne et deux flûtes à la main.
“-Que fêtons nous? demandai je étonnée
-Votre chance face aux accidents, la santé de nos enfants, et vos vacances qui ont permis notre rencontre. Et puis le champagne est un excellent remède après un choc émotionnel.
-Ce n'est pas très éthique cher docteur répondis-je en souriant”
Il me rendit mon sourire tout en remplissant nos deux verres du précieux breuvage aux jolies perles dorées. Nous contemplâmes ensemble la mer tout en dégustant notre champagne. Le premier verre n'ayant pas suffit  à assouvir nos besoins éthyliques, nous le complétâmes par un deuxième puis par un troisième. Après la dernière coupe, ses lèvres rejoignirent les miennes dans un baiser passionné.


 

Quelques heures plus tard, je me réveillai dans le même lit que la veille. Je me levai et descendait. Deux voix provenaient de la cuisine...
«-C'est sans doute le moment de lui dire pour nous deux commença Raphaël
-Il est trop tôt répondit Manon, elle n'est pas prête. Continuons à faire semblant encore quelques temps.»
 En entendant ces mots je sentis mon sang se glacer et ne cherchai pas d'autres interprétations à ses paroles. Tremblante, le regard fixe, je me retournai, remontai, réveillai ma fille. Nous traversâmes la cuisine sans un mot. Une fois arrivées à la porte, je tournai la tête brutalement et lançai froidement:
«-Merci d'avoir gardé Angela. Passez une bonne journée tous les deux!» J'insistai bien sur les deux derniers mots avant de sortir en claquant la porte.
En arrivant chez moi, ou plutôt chez une marraine trompée par une filleule débauchée, Angéla me réclama sans attendre ses céréales préférées.
«-Il n'y en a plus répondis-je, je vais te préparer une tartine
-Si  regarde» me répondit-elle en désignant du doigt un paquet sur le buffet
J'étais pourtant certaine d'avoir fini le paquet. Je passai ensuite la journée enfermée entres mes magasines ennuyeux et les caprices de ma fille qui s'ennuyait. Je me sentais inutile dans le rôle protecteur d'une jeune fille déprimée qui l'était finalement moins que moi et je commençai à songer à mon retour. J'essayai vainement d'appeler mes parents mais le téléphone sonnait continuellement occupé, comme s'il était débranché. En fin de soirée, après avoir écouté toute la journée les jérémiades de mon ange préférée, je l'emmenai finalement sur la plage. Au moment de remonter j'aperçus au loin Manon qui se baignait.

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La fin du Voyage By Muur [2]  (Concours de Nouvelles [juillet / août 2008]) posté le mercredi 03 septembre 2008 18:42

Prenant ma fille par la main, je la déposai dans la maison et me dirigeai vers celle de mon docteur  infidèle bien décidé à lui débiter tout ce que je pensais de lui. La porte étant ouverte, je m'empressai de rentrer et de monter l'escalier, comme s'il m’était familier. Entendant du bruit dans la chambre de Raphaël, je me permis de rentrer. Avec effroi, je vis le docteur agenouillé prés de son fils inanimé, ensanglanté avec un fusil à côté.

Hurlant, je redescendis en courant. Puis sortant sans me retourner, j'allai chercher ma fille, l'engouffrai dans ma voiture avant de démarrer hâtivement. Je roulai le plus vite possible avec la fuite comme seul objectif.

 

Trop fatiguée pour être aux aguets, je ne remarquai pas que la route se courbait. Je ne sentais pas non plus ma voiture se désengager du chemin tracé. Subitement, j'eus l'impression d’être suspendue dans le vide. Une impression qui ne dura que quelques millisecondes pendant lesquelles j'eus quand même le temps d'avoir une pensée pour ma chère petite à qui j'abrégeai injustement l’existence par ma négligence. Puis ce fut le néant, je sombrai dans l‘inconscience.
Lentement je revins à moi, je perçus le doux contact d'un drap propre sur ma joue, j'entendis murmurer, j'ouvris les yeux et je le vis.

En reconnaissant le meurtrier, je me remis désespérément à hurler.
«-Du calme chuchota Raphaël ce n'est qu'un stupide malentendu et je pense qu'il est temps de t'expliquer.»  Comment être calme quand on se trouve en face d'un homme coupable d’infanticide!
La porte au fond de la pièce s'ouvrit et je vis Manon entrer.  J'aurai dû m'en douter, la Manon que je connaissais était tout l'opposée d'une fragile déprimée. Qu'avait-ils fait de la vrai Manon? L'avait-ils tuée elle aussi? Avaient-ils déposé un piége sur la routes? J'aurai du me méfier, tant de choses clochaient depuis mon arrivée...
Quand la fausse Manon arriva près de mon lit, elle dit:
-Nous avons tout fait pour retarder le moment où nous serions obligés de tout vous dévoiler. Mais mon frère a raison, il est temps maintenant.
Son frère? Je ne comprenais pas,  peu importait ce qu'ils devaient  me dire, je voulais juste voir ma fille...Mon voeu fut exaucé la seconde d'après car je vis Angéla entrer en disant « Je suis là maman». Je manquais de défaillir remarquant qu’elle était suivie d’Angelo.
"-Angelo! Criai-je tu es vivant!
-Non il est mort répondit ma fille et moi aussi...
Ma première réaction fut le déni. Je me levai brusquement, et poussai ma fille vers la porte.
-Ce n'est pas vrai Angéla, tu m’entends, ils t'ont menti! Ils sont fous et sans doute dangereux. Vite il faut sortir d'ici!" criai-je affolée.

 

Raphaël se colla contre la porte et me dit tout doucement:
«-Personne ne quittera cette pièce, pas avant que vous n'ayez compris...Je suis désolé Elise mais nos enfants ont raison. Ils sont morts, et nous aussi Elise.»
 Je m’arrêtai comme anesthésiée, paralysée par la peur, je le laissais continuer. Il parla longuement, expliqua qu’il était le frère de Manon, qu’il était décédé trois ans plus tôt le même jour qu’Angelo dans des circonstances que je connaissais. Il n’avait jamais tué son fils, c’était un accident, il n’en voulait pas à Manon mais uniquement au destin.
«-Quand on est vivant, continua-t-il nous pensons que le temps est permanant, que seul notre monde est réel. Mais lorsque nous mourons nous entrons dans une nouvelle dimension.Un monde fait pour nous, uniquement pour nous, même s'il arrive que plusieurs personnes se retrouvent dans la même dimension. Le temps s'écoule différemment, il n'est plus linéaire mais devient cyclique et se répète incessamment. Ainsi tous les jours nous revivons les derniers instants de notre vie et les premiers de notre mort, ou plutôt de notre entrée dans notre nouveau microcosme. Vous êtes entrés dans le notre après votre accident. N'avez vous pas remarqué que les choses se répétaient depuis votre arrivée?  Ne vous êtes vous pas demandé comment il était possible de sortir sans blessures de cet accident de voiture?»
Je tremblais, je ne parvenais pas à les croire, je ne voulais pas les croire... Je regardai Raphaël, qui avait finalement l'air plus désolé que malinttentioné. Je voulais qu'ils me disent qu'ils plaisantaient, que j'étais en train de rêver, que j'allai me réveiller.
Puis enfin je compris qu'ils ne m’avaient pas menti: l'accident qui que nous revivions tous les soirs, la nourriture qui semblait se régénérer, le téléphone qui avait cessé de fonctionner, Manon qui…Manon! Que faisait-elle ici? N’était elle pas sensée vivre? M’accrochant à cette incohérence qui me rendait l’espoir, je soufflai:
-Et toi Manon? Dis moi que ce n’est pas vrai. Tu es vivante Manon, que ferait tu ici?
La jeune fille me regarda d’un air ennuyé
-Je me suis suicidé, avant votre arrivée, je n’arrivais plus à supporter, je n’arrivais plus à vivre après les avoir vu mourir. Je ne me suis jamais remise…Je sais que j’étais égoïste envers ma marraine, mais au moins elle pourra s’occuper de sa famille maintenant. Avant de m’injecter la substance qui devait me tuer, je les ai appelé. Ils étaient présents quand je suis passée de l’autre côté, et c’est peut-être pour cela que suis entrée dans leur dimension cet après-midi là. De la même façon que nous vous avons vu arriver…
J’avais la réponse à ma question, sans dire un mot, je sortis sur le balcon. Tremblante, je devais me rendre à l’évidence. Angéla fut la première à venir me rejoindre et je m’excusai car par ma faute jamais elle ne grandirai.
«-Ce n’est pas grave maman, me répondit-elle.Maintenant nous sommes en vacances pour toujours. 
Puis ce fut Raphaël qui vint et me chuchota:
«-Excuse moi de t’avoir laissé dans l’ignorance. Je voulais éviter que vous soufriez comme moi lorsqu’enfin j’ai compris…Je voulais d’abord que tu te sentes bien ici…Le plus dur pour nous est de ne pas avancer, de perpétuellement tout recommencer. Mais à cinq nous nous habituerons.»
Manon descendit sur la plage avec les enfants, les voyant s’éloigner en riant, je me résignais. Je regardais Raphaël, et lui chuchotai que nous aurions l’éternité pour nous aimer désormais.

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Septembre : Illustrations de contes  posté le mercredi 01 octobre 2008 18:41

En Septembre un grand concours a été organisé pour illustré un des contes de notre enfance.

Nous avons reccueilli 9 participations, toutes créatives et inventives ! mais c'est Nennvial qui remporte ce concours avec sa superbe illustration de Barbe-Bleue de Charles Perrault :

 

La curiosité est un bien vilain défaut

Barbe-Bleue

Charles Perrault

 

Bravo à elle et merci à tous les participants !

Livrés à eux mêmes de Starwoman (Hansel et Gretel des frères Grimm)
Sous la neige de Finette (la petite fille aux allumettes d'Andersen)
Petite fille allongée dans la neige de Aria (la petite fille aux allumettes d'Andersen)
Nuit agitée de Juliannews (La princesse au pois d'Andersen)
Couleur rouge sang de Tifet (Le petit Chaperon rouge de Perrault)
Ecume de Myszka (La petite Sirène d'Andersen)
La mille et unième de Koelia (Les Mille et Une Nuits, contes arabes)
Ensorcellement de Parthénia (Le Compagnon du Voyage d'Andersen)

 

Notons un certain succès de ce cher Hans Christian Andersen, qui a défaut d'être un grand optimiste de la vie, est une intarissable source d'inspiration !

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Octobre : Magie et Sorcellerie  (Evènements 2008) posté le dimanche 12 octobre 2008 22:18

 

Pour le thème d'octobre, pas de concours, juste du fun !!
Le début d'année scolaire n'a pas été facile pour tout le monde et pour octobre, on s'est dit que nous méritions tous de nous amuser.

Nous avons choisi d'aborder le thème de la magie et de la sorcellerie qui va nous permettre de nous amuser, d'imaginer et de rêver.

Faites défiler vos sims
Dans ce sujet, déguisez vos sims, déguisez-vous !!
Fêtons Halloween tout le mois !
Vous pourrez nous montrer ici des images de vos sims dans des cadres magiques, en costumes de monstres, de démons, de sorcières et sorciers.
Et laissez votre imagination et votre délirium s'exprimer ! Amusez-vous simplement !
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Le Grimoire de Critisims
Dans ce sujet, on va constituer un livre de recettes, de potions. Libre à vous de les inventer ou de les piocher sur internet (mettre un lien vers le site) ou dans Harry Potter qu'en sais-je ^_^
Ce serait évidemment plus marrant si c'était nous qui les inventions toutes. Elles seront publiées à la fin du mois (ou en cours) sur le blog.
Ensemble nous allons concocter le Grimoire de CritiSims.

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