Laila se tortilla nerveusement
sur sa chaise. Il fallait trouver la signification du
mystérieux ''WZMTVI’’.
« - Qu’est-ce que cela peut bien être ? Une
signature ? Un mot codé ?… » songea-t-elle,
perplexe. Il ne fallait pas que l’épisode de Kevin se
reproduise. Le temps leur était compté et qui sait ?
Peut-être que ce sera elle, la prochaine victime. Elle
résoudra cette énigme, quoiqu’il lui en
coûte. Si c’était un mot codé, il fallait
réussir à le déchiffrer le plus rapidement
possible.
Elle se leva donc brusquement.
« - Je vais me changer. » dit-elle.
« - Que…Tu ne manges pas ?! Tu dois être
affamée… »
« - Non » se résigna-t-elle. « - La mort
est partout, l’assassin peut être n’importe qui.
Je ne me risquerai pas à avaler quoique ce soit venant
d’étrangers. » Elle regarda avec insistance vers
la cuisine dans laquelle se trouvait Jeanne, dont le teint de
poupée de cire la représentait comme une
créature presque plus morte que vivante.
« - Fais comme tu le sens… » marmonna Kenneth,
la bouche pleine. « - Moi, en ce qui me concerne, j’ai
faim ! » Sur ces mots, il se resservit de viande et de vin.
Laila haussa les épaules, puis se dirigea vers les
escaliers, grimaçant à chaque fois que le sol
grinçait. Arrivée dans sa chambre, la 105, elle se
déshabilla puis prit une douche froide, faute d’eau
chaude.

Emmitouflée dans sa serviette et grelotant, Laila enfila
rapidement les premiers habits qui lui tombèrent sous la
main et empoigna un morceau de papier et un stylo. Un message
codé… Elle plissa les yeux à mesure
qu’elle mordillait le bout du crayon, tentant de se
remémorer comment elle faisait au primaire pour envoyer des
mots en classe sous le nez de leur professeur. Elle tenta la
technique des lettres intercalées, inversées et
mélangées… Sans résultats. Même
avec l’énorme dictionnaire Larousse - qu’elle
avait gagné lors de sa participation à
l’émission « Questions pour un Champion »
- ouvert sur son bureau, il lui était impossible de
déchiffrer le message insolite. En soupirant elle tenta
alors une nouvelle technique. La dernière qu’elle
connaissait.
Le reste de la bande, quant à lui, continuait à
débattre sur le pourquoi du comment.
« - C’est possible que Kevin ne soit pas mort. Il est
possible qu’il ai joué la comédie pour nous
envoyer une sorte de…signal… »
« - Où veux-tu en venir ? » questionna Leila,
jetant un regard noir à Dana qui rougissait de honte
à vue d’œil.
« - Kevin aurait très bien pu se retirer
lui-même de son lit et nous écrire le mot sur le
papier… »
« - Ça ne va pas de penser des choses pareilles ?!
» s’indigna Leila, qui avait toujours
éprouvé énormément d’affection
pour Kevin, étant donné qu’elle avait toujours
été secrètement amoureuse de lui. Enfin,
secrètement... La bande avait fini bien vite par se douter
de quelque chose, de même que le concerné. « -
Et puis c’est absurde car Jules a tâté son
pouls, et il s’est avéré que… »
Elle éclata à nouveau en sanglots. Kenneth lui
lança un regard accusateur et Dana, blasée, leva les
yeux au ciel.
« - Oui et il n’y a que Jules qui a
vérifié s’il était mort ou pas. Personne
d’autre ne l’a fait. Et puis, Jules est un aubergiste
pas un infirmier ! »
« - Che n’est pas non plus très dur de
tâter le pouls… Pas besoin d’avoir des
diplômes pour. » articula Kenneth, les joues remplies
de nourriture.
« - Mais… » tenta-t-elle. Ash posa sa main sur
la sienne pour lui dire de se taire.
« - Ce n’est pas la peine, Dana. Ils sont tous les deux
contre nous et puis, ils n’ont pas tort d’un
côté… Kevin n’est jamais venu ici
auparavant et je vois mal le rapport avec la porte 107, le couloir
et le message… »
« - Qu’est-ce que tu en sais que Kevin n’est
jamais venu ici ?! Si ça se trouve il connait
l’aubergiste ou sa femme ! Ils peuvent très bien
être alliés !! » s’écria Dana,
folle de rage. Pourquoi personne ne voulait-il
l’écouter ?!
« - Tu délires ma pauvre… » ironisa
Kenneth. « - Mange, plutôt, ça te fera du bien.
» poursuivit-il en regardant l’assiette remplie de ses
amis qui n’avaient rien touché à la nourriture.
Dana allait répliquer lorsqu’un énorme tapage
se fit entendre dans les escaliers. Laila descendait les marches
à grandes enjambées, un morceau de papier dans la
main. En arrivant à leur hauteur, elle reprit haleine.
« - Qu’est-ce que… »
« - J’ai trouvé… » murmura-t-elle,
essoufflée. « WZMTVI ! Ça veut dire
DANGER ! »