Une fois le repas passé, nos jeunes amis
montèrent dans leurs chambres respectives tout en feignant
une possible fatigue suite aux derniers évènements.
Dana proposa devant les aubergistes, afin que ces derniers
l’entendent clairement, de se rassembler dans la plus grande
chambre afin de s’y sentir en sécurité.
C’est à ce moment-là que Jules
intervint…
« - Je voulais vous dire que ma femme, Jeanne et moi nous
avons un petit imprévu, nous nous sommes rendus compte que
nous allions bientôt manquer de bois pour la cuisine et le
chauffage. Donc si vous nous cherchez, nous serons à
l’orée du bois en train de nous
réapprovisionner. Etant donné que les routes sont
coupées, notre livreur de bois ne pourra pas nous atteindre,
annonça Jules.
- Il n’y a aucun souci, répondit Dana. Nous sommes
tous épuisés après la perte de nos amis et
franchement nous avons besoin de dormir…
- Je vous comprends demoiselle, intervint Naomi. Par
sécurité, je vous laisse mon trousseau de clefs, je
pense que vous avez eu assez d’émotions pour ces
quelques jours. »
À cet instant bien précis, Dana observa le visage de
Jules où l’espace d’une seconde elle
découvrit une grimace montrant bien son malaise lorsque sa
femme tendit son trousseau à Leila. Elle se garda bien
d’en faire la remarque devant les autres, ce
n’était pas le moment et il fallait attendre le
départ des aubergistes avant d’entamer quoi que ce
soit.
La nuit tomba lentement et c’est avec une impatience
grandissante que nos amis attendirent le fameux départ des
propriétaires ainsi que celui de Jeanne avant
d’entamer les fameuses fouilles. Qu’allaient-ils bien
pouvoir découvrir ? Des poisons ? Que les fameux aubergistes
étaient de grands tueurs psychopathes sans cœur ? Bien
vite, ils se reprirent, se rendant compte qu’ils plongeaient
de plus en plus dans un état de folie. C’était
fait pour et cela ils le savaient…
« - Je propose que l’on se sépare, dit alors
Ash. Leila et Kenneth, surveillez l’entrée en restant
en haut des escaliers. Si vous entendez du bruit, que Leila rentre
immédiatement dans notre chambre et toi Kenneth viens nous
prévenir en grattant à la porte. En attendant Dana et
moi on s’occupe de fouiller la chambre des aubergistes.
- Ok, répondirent Kenneth et Leila. »
Kenneth posait ses yeux sur la si fragile Leila et se prit à
ressentir plus que de la pitié. Il se sentait comme un
chevalier servant à ses côtés et pourtant, au
grand jamais, il n’a aimé une femme. L’amour ?
Il ne connaissait pas, il adorait jouer avec le sexe opposé.
« Une par jour ! », tel était sa devise. Mais
là c’était différent, il sentait en lui
un changement des plus radical.
« - Non ! pensa-t-il. Je ne suis pas amoureux ! Mais pourtant
elle est si jolie et si fragile. J’ai toujours cette envie de
la prendre dans mes bras et de la couvrir de baisers, lui dire que
je serais toujours là pour elle… Je deviens fou !
»
C’est alors qu’une voix douce et lointaine
réveilla Kenneth de ses pensées
philosophiques…
« - Kenneth ? Est-ce que ca va ? Youououuuuu c’est moi
Leila !
- Euh oui oui, je me demandais quand tout ce cinéma allait
enfin cesser ! répondit Kenneth.
- On se le demande tous, répondit Dana. Maintenant à
nos postes ! »
Dana et Ash s’emparèrent du trousseau pour entrer dans
une chambre assez claire de part les couleurs choisies. Qui
pourrait croire que derrière ce goût des plus simples
et harmonieux, se cachaient deux tueurs sans vergogne ? Pendant ce
temps, Kenneth tentait d’engager la conversation avec Leila
afin de lui avouer un poids qui devenait de plus en plus lourd pour
lui…